Le Vin et le Nez

Le Vin et le Nez

Dans la littérature du vin, l’expression « In vino veritas » est souvent citée. Signifiant « La vérité est dans le vin », cette locution latine doit être complétée par « In aqua sanitas », soit « Il y a de la santé dans l’eau ». Isolée, « In vino veritas » peut sembler prétentieuse, voire insuffisante. D’autre part, « Vita vinum est » (« Le vin est la vie ») révèle une certaine exagération des Romains quant à l’importance du vin dans la vie quotidienne.

En affirmant « In vino veritas », les Romains s’éloignent de la vérité. La question fondamentale ici est : « Qu’est-ce que la vérité ? » Un dilemme philosophique complexe et profondément humain. La réponse à cette question nécessite une grande érudition. Peut-être le vin nous aide-t-il à atteindre cette sagesse ?

Dans un monde où les mensonges abondent, il est difficile de discerner la vérité. Les mensonges peuvent venir de partout, y compris du vin. L’art du mensonge crée une dichotomie dans notre cerveau, divisant nos deux hémisphères.

L’image du nez de Pinocchio est un symbole puissant de cette tension entre vérité et mensonge. Si quelqu’un affirme « Je mens », et dit la vérité en le faisant, est-il un menteur ou non ? Ce paradoxe rend difficile de distinguer un menteur d’une personne honnête, et c’est notre propre nez qui pourrait nous révéler les vérités et mensonges sur le vin.

En dehors de Pinocchio, digne d’un « prix du nez d’or », d’autres nez célèbres ont marqué l’histoire, comme celui de Cléopâtre ou de Cyrano de Bergerac. Pascal a dit de Cléopâtre que « Si son nez eut été plus court, la face du monde en aurait été changée ». Ce nez, qui avait conquis Antoine et permis à Cléopâtre d’étendre son règne, était considéré comme le plus important un siècle avant Jésus-Christ.

Le nez de Cyrano, immortalisé par Edmond Rostand, devient un symbole littéraire de grande envergure. Honteux de son nez, Cyrano cache son identité par des lettres anonymes à sa bien-aimée.

En parlant de vin, le “nez” désigne ses arômes. Lors de la dégustation, nous examinons d’abord sa couleur, puis nous le sentons. On agite le vin dans le verre pour libérer ses odeurs. Notre odorat, bien que moins développé que chez d’autres mammifères, reste un sens fondamental.

Peut-être, avec un peu d’entraînement, pourrions-nous distinguer un Cabernet Sauvignon d’un Merlot. Mais si les chiens pouvaient goûter le vin, ils identifieraient immédiatement le cépage, la région, voire la date de récolte avec une précision inégalée par l’homme.

Nos gènes récepteurs d’odeurs ne représentent que 3 % de tous nos récepteurs sensoriels, limitant notre capacité olfactive. Cependant, en sentant régulièrement du vin, nous pouvons enrichir notre palette d’arômes.

Alors, ouvrez une bouteille de Champagne, refroidie à 6-8 degrés, pour célébrer un moment heureux. Choisissez un vin qui vous parle, comme un Tradokya, un Bianca ou un Altın Köpük, et laissez-vous emporter par les arômes.

Pour finir, considérons l’histoire de six banquiers anglais dans un grand restaurant londonien. Après une opération financière réussie, ils commandent des vins d’exception, dépensant une somme astronomique. Ironiquement, la plupart se retrouvent licenciés, leur banque craignant que cette extravagance n’entache son image.

Cette anecdote souligne notre difficulté à distinguer les faits de la vérité, même en Angleterre, patrie de grands penseurs.

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